C'est pas mon idée !

mardi 18 juin 2013

Faire payer les services de banque mobile ?

M-banking
Les vieux réflexes ont la vie dure... Un canal émergent (mobile, en l'occurrence), une popularité qui croît en flèche et l'idée surgit presque aussitôt : faire payer les clients pour utiliser les nouveaux "services". Quelques banques américaines ont franchi le pas et les résultats obtenus seraient plutôt encourageants. Mais est-ce vraiment une stratégie à suivre ?

Pour l'instant, le mouvement reste modéré, pas nécessairement par choix délibéré mais plus vraisemblablement par l'inertie des décideurs face à un phénomène mobile qui a explosé beaucoup plus rapidement qu'ils ne l'avaient anticipé. Les premiers exemples significatifs sont le fait, entre autres, de US Bank ou Regions Bank, qui ont pris le parti de facturer l'utilisation de leurs options de dépôt de chèque via une application sur smartphone (par simple photographie).

Le raisonnement tenu pour justifier l'approche peut sembler recevable, au premier abord : le service apporte une valeur réelle au client, qui n'a plus à se déplacer en agence pour réaliser l'opération et voit son compte crédité immédiatement. Sérieusement ? Pouvoir déposer un chèque dans une institution financière, quel que soit le moyen employé, serait un avantage ? Il vaudrait probablement mieux ne pas s'aventurer trop loin dans ce genre de considérations avec les consommateurs...

Certes, les banques qui ont mis en place ces frais déclarent que leurs clients ont relativement bien réagi : une fois passée la "surprise" initiale, qui a tout de même déclenché des protestations véhémentes (notamment sur les médias sociaux, bien entendu), aucun mouvement massif de départ n'a été constaté. L'argument vaut dans l'immédiat (profitant d'un certain fatalisme ambiant), mais l'impact à long terme pourrait être plus sensible, surtout si d'autres établissements maintiennent la gratuité.

Les mêmes attitudes ont pourtant déjà été observées avec l'apparition des services transactionnels sur internet : après les premières expérimentations, toutes les banques avaient choisi de facturer l'accès jusqu'à ce que, sous l'impulsion de quelques pionnières, cette position finisse par devenir intenable et que l'abandon des frais s'impose. Car il ne faut pas prendre les clients pour des dupes : ils savent parfaitement que leur utilisation des canaux à distance est une source d'économies pour les entreprises (et, de ce point de vue, le dépôt de chèque dématérialisé est particulièrement représentatif).

Par ailleurs, de plus en plus d'indices tendent à confirmer que les adeptes de services mobiles sont plus "actifs" sur leurs comptes et donc, de fait, génèrent des revenus supplémentaires. Plutôt que de risquer un retour de bâton à plus ou moins brève échéance, peut-être vaudrait-il mieux que la banque s'efforce de développer cette tendance, avec des solutions toujours plus faciles d'accès et plus pertinentes ? A défaut, une autre option viable serait de créer de nouveaux produits (facturables) qui apportent une véritable valeur aux clients.

Enfin, s'il devenait vraiment nécessaire de rentabiliser l'accès aux services bancaires, à une époque ou commence à émerger la banque 100% mobile, je suggérerais de faire payer en priorité les (coûteux) rendez-vous avec un conseiller en agence !

Réflexions inspirées par un article de la revue American Banker.

lundi 17 juin 2013

Cardlytics : le marketing des relevés, ça marche !

Cardlytics
Quand Cardlytics a lancé, en 2011, son système d'offres promotionnelles ciblées dans les relevés de compte bancaire, il était difficile de prévoir l'accueil qui lui serait réservé. Deux ans et demi plus tard, le site Bank Innovation dévoile quelques résultats (chiffrés) qui devraient aider à convaincre les plus sceptiques de l'intérêt de ce modèle.

Rappelons tout d'abord de quoi il est question. Cardlytics propose un service complet aux institutions financières : ses algorithmes analysent les opérations présentes dans les relevés de compte, en déduisent un profil comportemental du client et lui offrent des coupons et autres réductions, personnalisés en conséquence. Au plus simple, il peut s'agir, par exemple, de proposer une promotion pour un produit Quick face à une dépense chez McDonald's, mais des scénarios beaucoup plus élaborés sont aussi possibles.

A ce jour, le système a conquis 400 établissements, certains parmi les plus prestigieux des États-Unis, tels que Bank of America, dont le programme BankAmeriDeals est motorisé par Cardlytics. Globalement, l'ensemble des clients de la jeune pousse représentent 75 millions de consommateurs, dont 33 millions sont affichés comme des utilisateurs "actifs", c'est-à-dire ayant déjà profité au moins une fois d'une offre qui leur était soumise.

BankAmeriDeals

Afin d'éviter les risques de réaction virulente à ce qui peut être perçu par les clients de la banque en ligne comme une invasion de leur vie privée, il est possible à tout moment de désactiver les promotions diffusées. Une autre métrique intéressante est donc la proportion de consommateurs ayant profité de cette option : 1,5% ! Il est toujours possible d'arguer que ce mécanisme d'"opt-out" favorise la "paresse", mais l'ensemble des chiffres cités tend à prouver une large adhésion au programme...

Forte de ces résultats, Cardlytics envisage désormais de débarquer en Europe, quitte à passer en mode "opt-in" pour satisfaire aux exigences réglementaires locales. Ce pourrait être une bonne nouvelle pour nos banques, qui verrait certainement d'un bon œil une opportunité de rentabiliser leurs services en ligne (via la commission sur les offres intégrée au modèle) en profitant de l'indispensable expérience de la startup dans la conquête des annonceurs.

Certes, la culture américaine qui fait du système de Cardlytics un succès est assez différente de celle de nos compatriotes, notamment face aux offres promotionnelles. Il est cependant difficile d'imaginer que l'écart soit tel que l'approche ne puisse pas fonctionner. Après tout, les consommateurs du monde entier tendent à se rejoindre pour accepter des concessions sur le partage de leurs données personnelles en contrepartie d'un bénéfice tangible...

dimanche 16 juin 2013

Capital One ouvre ses "deals" aux développeurs

Capital One Labs
Parmi les grandes institutions financières américaines, Capital One occupe rarement le devant de la scène. Ses efforts en matière d'innovation sont pourtant dignes d'intérêt, comme nous le rappelle la distinction que vient d'attribuer le site "Bank Innovation" à son directeur de l'innovation technologique.

Bras armé d'une stratégie volontariste, les "Capital One Labs" sont le berceau d'une multitude d'initiatives au sein de l'établissement, pilotées par une équipe de véritables entrepreneurs en résidence : collaboration avec des partenaires, hackathons, projets en mode startup... et plate-forme d'APIs ouvertes.

Cette dernière attire nécessairement l'attention, tant ce type d'approche reste rare aujourd'hui dans les banques, les principaux cas connus à ce jour étant le Crédit Agricole et Axa Banque. Dans le cas de Capital One, cependant, les cibles choisies sont totalement différentes de celle des exemples précédents, et ouvrent des perspectives sur des modèles jusqu'alors jamais envisagés.

Ainsi, il n'est pas question ici de fournir aux développeurs d'applications (hors de l'entreprise) un accès sécurisé aux comptes des clients de l'établissement, comme le proposent les deux banques françaises. De manière finalement beaucoup plus intéressée, ce que Capital One met à leur disposition, ce sont les services liés à ses offres marketing : son moteur de ciblage et le paiement par "points".

Capital One Labs

Le premier devrait permettre d'intégrer les promotions personnalisées de Capital One dans les sites web, les applications mobiles ou même les boutiques physiques de partenaires. La banque y trouvera une opportunité de démultiplier l'exposition de ses 60 millions de clients à ses offres, ajustées en fonction de leur profil et de leurs habitudes d'achats. En contrepartie, un programme d'affiliation rémunérera les utilisateurs de l'API.

Le second service propose aux commerçants d'accepter les paiements via les "points" ou les "miles" accumulés par les clients de la banque au fur et à mesure de l'utilisation de leur carte de crédit. Là encore, les avantages sont partagés, d'un côté par l'extension de l'acceptation de ces "primes" et, de l'autre, par la possible augmentation de pouvoir d'achat ainsi apportée. De plus, les commerçants pourront également intégrer leur propre programme de fidélité dans le système.

L'initiative de Capital One est exemplaire à plus d'un titre, en esquissant les bénéfices qui pourraient être tirés d'une ouverture sur les développeurs externes dans un domaine qui ne s'y prêtait peut-être pas à première vue (et il en existe certainement d'autres à découvrir), tout en laissant entrevoir un potentiel pour des institutions financières peu rassurées à l'idée exposer des données extrêmement sensibles (celles des comptes de leurs clients).

Enfin, il faudra surtout apprécier l'attention portée par la banque à la proposition de valeur offerte à toutes les parties prenantes, indispensable pour convaincre les candidats à l'aventure et trop souvent négligée dans les opérations de ce genre...

samedi 15 juin 2013

Des agences converties au support technique

Mountain America Credit Union
Prenez, d'un, côté un réseau d'agence dont tous les analystes prédisent qu'il va se transformer profondément à moyen terme et, de l'autre, des services bancaires en ligne et sur mobile toujours plus riches, mais qui restent encore obscurs pour une partie des consommateurs. Que faites-vous ?

Pour la "Mountain America Credit Union" (MACU), petit établissement de l'Utah aux États-Unis (avec 400 000 membres), la réponse [PDF] est simple et parfaitement logique : chacune de ses 76 agences accueille désormais un "Champion de la Technologie" permanent, spécialement formé pour guider les clients et répondre à toutes leurs questions sur l'utilisation de ses services sur le web et de ses applications pour smartphone.

L'initiative est pleine de bon sens. Les institutions financières poussent à l'utilisation des canaux de libre service pour les transactions "courantes", tout en prétendant faire de leurs conseillers les spécialistes (humains) indispensables pour répondre aux demandes plus complexes. Quoi de plus naturel alors que de faire converger ces deux axes stratégiques avec la mise en œuvre d'un véritable support technique en agence, offrant une expertise pour faciliter la transition des clients vers le numérique ?

Agence Mountain America Credit Union

Le besoin est réel. Si les projections laissent entrevoir une forte montée en puissance de la banque mobile (elle concernerait 1 milliard de consommateurs en 2017, selon le cabinet Juniper Research) et bien que l'équipement en smartphones de la population devienne majoritaire, nombreux sont ceux qui hésitent encore à utiliser les applications de leur banque (surtout dans les régions rurales couvertes par MACU), que ce soit par manque de maturité technologique ou par crainte de la fraude.

Pour tous ceux-là, une démonstration pratique et un accompagnement personnalisé, réalisés en face à face par un conseiller, dans une agence, feront beaucoup plus que tous les messages et incitations du monde. Naturellement, cet effort d'assistance est temporaire car arrivera un jour (proche) où les outils de banque à distance seront devenus naturels pour tous, comme le GAB avant eux, par exemple. Mais, aujourd'hui, il est bien nécessaire.

Et il ne faudrait pas penser que les conseillers sont "automatiquement" à même d'aider leurs clients à manipuler les applications en ligne et mobile de leur entreprise : réalisez-vous que, à moins d'avoir pris des précautions particulières en matière de formation, une bonne partie d'entre eux ne les utilisent jamais (notamment parce qu'ils ont à leur disposition un accès direct aux systèmes via leur poste de travail en agence) ?

vendredi 14 juin 2013

Boursorama voudrait passer à la télé !

Boursorama
Comme le rappelle sa récente campagne publicitaire sur la "banque du futur", les services de Boursorama sont déjà bien développés et largement utilisés sur mobile. La filiale 100% en ligne de Société Générale lorgnerait maintenant sur un autre support, s'il faut en croire une offre de stage parue le mois dernier autour du "Kinect Mobile Banking" (sic).

Au vu de la description du poste, le sujet est résolument exploratoire. Il s'agit principalement d'évaluer les opportunités liées à l'utilisation des interfaces corporelles (notamment via la technologie Kinect de Microsoft) et à l'implémentation d'applications bancaires dans les "box" internet. Pour ce faire, le stagiaire devra commencer par porter vers les environnements cibles les services existants (de bourse et de banque), avec un pilotage par la voix ou gestuel.

Offre de Stage Boursorama

Le principe décrit par Boursorama est loin d'être nouveau : sans même s'attarder sur les cas d'utilisation en agence (notamment chez LCL, en France), un fournisseur technologique lituanien présentait dès 2011 une démonstration d'accès "domestique" aux services bancaires via Kinect ("Etronika Banking NUI") et plusieurs autres banques ont des expérimentations similaires dans leurs cartons.

Pourtant, le concept n'est (pour l'instant) jamais vraiment sorti du laboratoire et, encore à l'heure actuelle, il est extrêmement rare d'entendre un téléspectateur s'enflammer à l'idée de pouvoir consulter ses comptes, réaliser ses opérations bancaires et gérer sa situation financière sur son téléviseur, en le pilotant à distance, par des gestes ou à la voix). Pour ma part, je n'en ai même jamais rencontré un seul.

Et cette absence d'intérêt semble logique : malgré toutes les évolutions de comportements, le petit écran continue à se consommer dans un mode (relativement) social, ce qui n'est évidemment pas le plus pertinent pour accéder aux services de la banque, du moins comme on les connaît aujourd'hui. Qui plus est, avec la tendance contemporaine du "deuxième écran", smartphone ou tablette utilisé pendant les émissions télévisées, celui-ci est beaucoup mieux adapté à un tel usage.

Dans cette perspective, à quoi peut servir l'initiative de Boursorama ? La première réponse, au vu de la "tradition" technologique de la banque, est qu'elle va ainsi se familiariser avec des outils nouveaux, qu'il est impossible d'ignorer. Ensuite, pour ce qui concerne les possibles applications, tout est à faire : s'il est douteux que les services existants (consultation de compte, exécution de virement...) constitue une aubaine sur la télévision, il reste à imaginer les nouveaux modèles bancaires susceptibles de s'adapter à l'expérience du téléspectateur.

Information repérée grâce à A. Wintrebert (Marketing-Banque). Merci !

CommBank : l'expérience utilisateur est reine

CommBank
Depuis les débuts d'internet, toutes les organisations entreprennent régulièrement une rénovation de leur présence sur le web, pour l'adapter aux dernières tendances et aux nouvelles attentes de leur audience. Aujourd'hui, le graal de la relation digitale est "l'expérience utilisateur" mais elle reste encore bien mal maîtrisée par les institutions financières.

Alors, quoi de mieux pour se familiariser avec ce concept que de prendre exemple sur un pionnier ? Justement, la Commonwealth Bank of Australia ("CommBank") vient d'annoncer la refonte de son site, qui offre un intéressant aperçu des orientations qui semblent devoir s'imposer à court terme. Il n'est pas encore en ligne et il ne s'agit que de l'espace "marketing" de la banque (les services transactionnels suivront peut-être un jour la même voie) mais la vision mérite déjà le détour.

Au premier abord, il serait facile de s'arrêter sur les détails : le moteur de recherche évolué, les options systématiques de partage des contenus via les médias sociaux, la compatibilité universelle avec tous les écrans, du mobile au PC en passant par la tablette... Mais ce ne sont là en fait que des caractéristiques standards en 2013.

Un peu plus intéressante, la barre de navigation, disponible en permanence, sur tous les écrans du site, permet une connexion immédiate à la banque en ligne, la localisation d'une agence, l'accès aux tarifs et aux dernières promotions ou encore de retrouver en un clic les contenus que l'utilisateur aura préalablement enregistrés dans ses "favoris".

Cependant la véritable pépite n'est pas là. Elle se trouve au contraire au cœur du site, dans la présentation de l'offre de la banque. Finies (ou presque) les descriptions de produits plus ou moins compréhensibles et plutôt insipides, le premier onglet proposé aux particuliers, baptisé CAN (comme le verbe anglais "can", c'est-à-dire "pouvoir", slogan de CommBank), s'adresse directement au consommateur, en lui parlant de ses préoccupations de la vie quotidienne.

Site web de CommBank

Dans cette zone, il n'est plus question de carte de crédit, d'emprunt immobilier, de prêt à la consommation ou de compte d'épargne mais de "partir en vacances", de "l'acquisition d'une maison", de "l'achat d'une voiture", de "la préparation de sa retraite"... Et derrière chacune de ces situations, CommBank offrira des contenus variés, composés de conseils et recommandations, de bons plans et d'offres spéciales, d'outils et d'assistants... et, bien entendu, des solutions financières adaptées.

En réalité, la banque australienne n'en est pas tout à fait à son coup d'essai dans ce type d'approche. Ainsi, lorsqu'elle lançait l'application mobile "Property Guide", il s'agissait déjà d'un premier pas vers l'intégration des services financiers dans le contexte de l'utilisateur, en l'occurrence celui de l'achat immobilier, en combinant la recherche d'un bien, l'accès à des informations complémentaires, la simulation de financement et le contact avec le conseiller pour négocier un prêt...

A tous ceux qui pensent encore qu'améliorer l'expérience utilisateur, sur le site web ou sur les applications mobiles de leur entreprise, consiste simplement à concevoir une interface graphique plus agréable, plus ergonomique et plus intuitive (ce qui reste malgré tout indispensable), cette petite démonstration de CommBank ouvrira peut-être les yeux sur les enjeux beaucoup plus importants sur lesquels il faut désormais concentrer les efforts !

jeudi 13 juin 2013

La TEB démocratise le décisionnel

BNP Paribas
Traditionnellement, les outils décisionnels (dits aussi de "Business Intelligence"), désormais indispensables au pilotage des entreprises, sont des mastodontes lourds et peu agiles, réservés à une "élite". Une nouvelle génération de solutions a émergé depuis quelques années pour offrir les mêmes services à la demande et en temps réel, mais ils restent souvent réservés à des usages tactiques.

Dans ce contexte, l'annonce du déploiement de la plate-forme "QlikView Business Discovery" auprès de 4 000 des quelques 9 000 collaborateurs de la TEB, filiale turque de BNP Paribas, est à marquer d'une pierre blanche. Tous les responsables, à tous les échelons de l'organisation, vont pouvoir maintenant profiter de riches tableaux de bord de pilotage et bénéficier d'éléments d'aide à la décision personnalisés, pour, par exemple, analyser les performances individuelles des 500 agences de la banque ou encore surveiller le niveau de risque des encours.

La nouvelle solution se substitue à une plate-forme traditionnelle, construite sur la base de produits classiques, Business Object et Microsoft Excel. Elle a d'abord été déployée en 2012 pour environ 150 décideurs du siège (vraisemblablement la population des utilisateurs de la génération précédente). Ayant immédiatement pu mesurer la valeur apportée par les rapports interactifs et les capacités collaboratives de QlikView, la TEB s'est rapidement convaincue de l'intérêt de généraliser son implémentation dans l'ensemble du groupe, dès 2013.

Aperçu QlikView

Pour plus d'efficacité, les directeurs régionaux et autres échelons supérieurs de la hiérarchie de la banque jouissent d'un accès à leurs tableaux de bord Qlikview sur iPad, ce qui leur permet de garder un œil sur l'activité de leur département ou de l'entreprise, en temps réel, en tout lieu et à tout moment, sous une forme particulièrement intuitive (donc réellement exploitable), et d'avoir ainsi en permanence les meilleures informations en main avant de prendre une décision.

Malgré sa valeur, l'informatique décisionnelle est longtemps restée cantonnée à quelques usages et quelques utilisateurs, en raison de sa complexité et de ses coûts de mise en œuvre. Les nouvelles solutions, à l'image de QlikView, sont conçues pour répondre à ces limitations, en mettant l'analyse de données à la portée du plus grand nombre, non seulement par la simplification de leur déploiement mais également par le soin qu'elles prennent à démocratiser la compréhension des résultats qu'elles délivrent, grâce à des représentations graphiques et interactives, toujours intuitives.

L'exemple de la TEB démontre (enfin) que la "Business Intelligence 2.0" est mûre pour prendre (au moins en partie) la place des "mammouths" décisionnels actuels. Il est temps de s'en rendre compte !

mercredi 12 juin 2013

Deux startups à suivre : QuantConnect et Licuos

Innotribe
Depuis 3 ans, Innotribe, initiative de SWIFT en faveur de l'innovation dans les services financiers, nous propose son "Startup Challenge". Après les sélections européennes (à Londres en avril) et asiatiques (à Singapour en mai), les demi-finalistes américains s'affrontent demain à New York pour déterminer les derniers participants à la finale de 2013.

Sans attendre les résultats de cet événement, je souhaite m'attarder ici sur deux des jeunes pousses en compétition.

QuantConnect
La première, QuantConnect, offre depuis quelques mois un service complet aux quants en herbe, leur permettant de concevoir, exécuter et tester leurs stratégies de trading sans avoir à déployer les moyens importants habituellement requis. Ils disposent ainsi, gratuitement, d'une puissance de calcul presque illimitée et d'un accès aux données de marché (à la fois historiques, pour les tests, et en direct).

Pour ceux qui souhaitent aller jusqu'au bout de la démarche, il est possible d'ouvrir un compte de trading et intervenir réellement sur le marché (il s'agit d'ailleurs d'un des axes de monétisation de la plate-forme). Mais d'autres débouchés sont proposés aux utilisateurs : QuantConnect peut leur donner accès à des investisseurs qu'ils pourront tenter de convaincre d'adopter leurs stratégies, moyennant rémunération. A terme, il pourrait également être envisagé de créer un fonds collectif basé sur les meilleures stratégies (qui constituerait une autre source de revenu pour la startup).

QuantConnect

Quelques détails "techniques" sont particulièrement intéressants dans l'approche retenue. Tout d'abord, les moyens de calcul utilisés sont ceux du "cloud" d'Amazon, ce qui élimine tous les coûts d'investissement (et qui a permis à QuantConnect de se lancer avec seulement 60 000 dollars) et optimise ses frais de fonctionnement. Autre particularité, les données de marché mises à disposition (valeurs américaines et marché des changes) sont complétées des prédictions de la "foule" fournies par Estimize.

Comme dans une démarche d'innovation ouverte, l'idée des fondateurs de QuantConnect est qu'il existe une réserve de talents inexploités dans le monde, n'ayant pas accès aux outils qui leur permettraient de développer des algorithmes de trading innovants et performants. L'objectif de la startup est donc simplement de libérer cette créativité et d'en dégager de nouveaux modèles d'affaires, bénéficiant à tous les intervenants.

Licuos
Dans un domaine résolument différent, Licuos imagine une sorte de chambre de compensation des factures, offrant aux grandes entreprises comme aux PME une solution élégante pour gérer leurs flux financiers de manière beaucoup plus efficace et, dans une certaine mesure, automatiquement.

Le principe est finalement très simple. Première étape, les sociétés participantes "déposent" leurs factures (émises et à payer) sur la plate-forme, soit manuellement soit par une connexion directe avec leur application de gestion. Deuxième étape, le système établit les correspondances au sein de son stock, réconciliant au mieux les montants à payer et à recevoir entre tous les intervenants. Enfin, les sommes restant dues peuvent être payées par des moyens – suggérés mais toujours au choix du débiteur – traditionnels ou non (par exemple via un emprunt).

Licuos

Les fondateurs de Licuos sont ambitieux car, si leur modèle est effectivement astucieux, il ne peut fonctionner que s'il attire un nombre suffisant de clients et il aura du mal à faire ses preuves avant d'atteindre cette taille critique. Malgré tout, l'idée devrait attirer l'attention car elle a le pouvoir de perturber un double pré carré des institutions financières : l'affacturage et les transferts d'argent des entreprises, sources de revenu non négligeables...

Le paiement NFC sur mobile migre dans les nuages

Bell ID
Que l'on croit ou non à l'avenir du paiement sans contact sur mobile, il est incontestable que son développement reste encore embryonnaire dans la plupart des régions du monde. Une des raisons de cet état de fait est la complexité des écosystèmes impliqués dans son déploiement. Bell ID, spécialiste de la gestion de jetons d'identification, propose une solution originale à cette problématique.

Pour être plus précis, un obstacle majeur à une gestion autonome du paiement via l'interface NFC (sans contact) des smartphones modernes est lié aux exigences de l'"élément de sécurité" dans la chaîne de valeur. Il s'agit d'une puce électronique conçue pour stocker les informations de paiement sur l'appareil, en toute sécurité (comme son nom l'indique). Etant généralement intégré dans la carte SIM, il est sous le contrôle des opérateurs de téléphonie, à qui les institutions financières sont peu enclines à confier les "clés" de leurs services.

La réponse que souhaite apporter Bell ID consiste "simplement" à se débarrasser de ce composant matériel et à reporter sa fonction, de gestion des informations confidentielles, dans le "cloud". Ainsi, lors de l'exécution d'une transaction, l'application de paiement va interroger le service via une connexion réseau sécurisée et transmettre au lecteur du commerçant les informations reçues en retour, exactement comme si elles provenaient de l'élément de sécurité "physique", en totale conformité avec le standard EMV.

Bell ID - Secure Element in the Cloud

Cette approche combine donc les avantages des deux grandes typologies de solutions de paiement mobile : NFC et "cloud". De la première, elle profite de la compatibilité de l'équipement des commerçants (encore en émergence, toutefois) et des réseaux de paiement existants. A la seconde, elle emprunte sa capacité à gérer les données de paiement en toute indépendance (car l'offre de Bell ID est purement technologique et son utilisation reste à la discrétion de l'émetteur).

Incidemment, le passage dans le "nuage" peut également contribuer, dans une certaine mesure, à améliorer la sécurité des applications, grâce à la centralisation des informations qu'il implique. Le simple fait de devoir interroger l'"élément de sécurité" via le réseau permet d'en "surveiller" les accès, pour, par exemple, y appliquer des mécanismes de lutte contre la fraude et, le cas échéant, en verrouiller l'utilisation.

Il y a quelques mois, Bankinter lançait déjà une alternative à l'"élément de sécurité" en permettant de créer des cartes virtuelles à usage unique, stockées temporairement sur le téléphone, via une application pour smartphone. En déportant totalement la gestion des caractéristiques de paiement dans le "cloud", Bell ID franchit une nouvelle étape, qui simplifie largement l'utilisation pour le consommateur, en la rendant cette fois totalement transparente.

Ces avancées ne suffiront peut-être pas à sauver le paiement NFC sur mobile mais il ne peut être inutile de lever les obstacles les plus importants à sa généralisation...

lundi 10 juin 2013

Des APIs ouvertes chez un assureur

Kaiser Permanente
Les APIs ouvertes ("open APIs") ont d'abord conquis les startups technologiques avant de s'installer dans de nombreux domaines, des transports publics aux administrations. Plus timidement, quelques banques se sont également lancées : Crédit Agricole et Axa Banque. Un article de la revue InformationWeek nous invite maintenant à découvrir les premiers pas du concept dans le secteur de l'assurance.

Pour mémoire, le principe des APIs ouvertes ("Application Programming Interfaces" ou interfaces de programmation applicatives) consiste, pour une entreprise, à mettre à la disposition de développeurs d'applications (externes) les moyens techniques leur permettant d'accéder à son système d'information et à ses données pour les intégrer dans leurs propres réalisations.

Dans le cas qui nous intéresse ici, l'organisation qui ouvre ainsi ses APIs est un peu particulière dans le monde de l'assurance, puisque Kaiser Permanente est une grande structure intégrée comprenant à la fois une mutuelle de santé et un réseau de médecins et d'hôpitaux affiliés. De plus, l'initiative n'en est qu'à ses débuts et les services offerts aux développeurs sont encore modestes. Mais on peut espérer qu'une fois ce premier pas franchi, la machine sera lancée...

Pour être précis, les premières interfaces mises à disposition des développeurs ne leur donneront accès qu'aux informations sur les implantations de Kaiser Permanente (37 hôpitaux et plus de 600 bâtiments), avec localisation, horaires, typologie de soins disponibles... Rien de bien extraordinaire, donc, pour ce qui est clairement présenté comme une timide expérimentation avant de passer à des données plus "sérieuses", notamment autour de la prise de rendez-vous, la facturation, le suivi des prises en charge...

Kaiser Permanente Interchange

Comme dans la plupart des initiatives de ce genre, l'objectif recherché par la compagnie est de libérer la créativité des développeurs externes, ou de profiter de la fraîcheur de leur point de vue, afin de voir émerger des applications différentes, originales, venant compléter sa propre offre. Une vision plus lointaine pourrait comprendre la publication de données (anonymisées) sur les traitements et leurs résultats, pour faire avancer la recherche médicale, grâce à une participation – ouverte – beaucoup plus large qu'actuellement.

Pour lancer son nouveau dispositif, Kaiser Permanente organisait il y a quelques jours un "code-a-thon", rassemblant développeurs, designers, spécialistes de santé... pour concevoir en 24 heures des applications innovantes exploitant les APIs publiées. Malheureusement, comme il fallait s'y attendre avec une offre aussi mince, seuls 9 inscrits ont été enregistrés (et l'événement a probablement été annulé).

Cette initiative est tout à fait louable bien qu'elle souffre, hélas, d'un sérieux problème d'exécution : ses concepteurs semblent avoir oublié la règle d'or de l'"open data" (ou des "open APIs") qui est de s'assurer de l'intérêt potentiel des développeurs pour ce qui est mis à leur disposition. A vouloir trop limiter le périmètre de sa première tentative, la compagnie finit par ne proposer qu'un service beaucoup trop pauvre pour justifier les efforts demandés à la population ciblée.

On pourra malgré tout féliciter Kaiser Permanente pour cette expérience pionnière, aussi maladroite soit-elle. Il reste à espérer qu'elle sera prolongée et, surtout, qu'elle suscitera des vocations (plus ambitieuses) chez d'autres acteurs du secteur... Les données de l'assurance ne demande qu'à libérer tout leur pouvoir !